05.03.26
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Bruxelles Environnement a publié les statistiques 2024 relatives à l’expérimentation animale en Région de Bruxelles-Capitale. Le rapport met en lumière une aggravation de plusieurs indicateurs clés, notamment le nombre d’animaux élevés puis tués sans jamais être utilisés, ainsi qu’une augmentation spectaculaire des infractions constatées lors des inspections.

Un nombre d’animaux utilisés toujours très élevé

En 2024, 52 714 animaux ont été utilisés pour la première fois dans des procédures expérimentales en Région de Bruxelles-Capitale, contre 50 922 en 2023, soit une augmentation de près de 3,5 %. .

À ces chiffres s’ajoutent 1 541 animaux utilisés pour créer de nouvelles lignées génétiquement modifiées et 4 921 animaux utilisés pour le « maintien » de lignées existantes, confirmant le poids structurel de la recherche sur animaux génétiquement modifiés dans l’expérimentation animale.

La mortalité d’animaux atteint un niveau alarmant

L’un des constats les plus préoccupants du rapport 2024 concerne le nombre d’animaux élevés pour l’expérimentation animale puis tués ou morts sans jamais avoir été utilisés dans des procédures.
En 2024, 116 978 animaux sont concernés, contre 94 394 en 2023, soit une hausse de près de 24 % en un an.

Ces animaux ont été tués ou sont morts pour diverses raisons : animaux reproducteurs jugés excédentaires, individus au sexe ou au génotype non souhaité par les chercheurs, animaux utilisés uniquement pour fournir des organes ou des tissus, ou encore animaux issus de lignées génétiquement modifiées jugés inutilisables.
Dans près de 85 % des cas, ces animaux avaient été élevés pour le maintien de lignées génétiquement modifiées, illustrant l’ampleur des sacrifices, de nature  systémique, lié à ce type de recherche.

Les rongeurs en première ligne

Comme les années précédentes, les souris restent de loin l’espèce la plus utilisée, représentant plus de 88 % des animaux utilisés en 2024. Elles sont suivies par les poissons zèbres, les rats et les cobayes.
Aucun primate non humain, chien, chat, reptile ou céphalopode n’a été utilisé en 2024, comme en 2023.

Les expérimentations animales relèvent principalement de la recherche fondamentale, qui concentre 76 % des animaux utilisés en 2024, contre environ 70 % en 2023. La recherche translationnelle et appliquée (11,5 %) et l’utilisation réglementaire et la production de routine (12,4 %) complètent ce tableau, tandis que l’enseignement et la formation restent marginaux.

Des procédures sévères toujours trop fréquentes

En 2024, 13,5 % des animaux ont été soumis à des procédures classées comme sévères, contre 19 % en 2023. Si cette baisse relative peut sembler positive, elle doit être nuancée par le fait que le nombre d’animaux concernés reste élevé, avec plus de 7 000 animaux exposés à des douleurs, souffrances ou angoisses intenses ou prolongées.

Certaines espèces restent particulièrement touchées : près d’un cobaye sur sept et près d’un rat sur trois ont subi des procédures sévères en 2024.
Par ailleurs, plus de 11 % des animaux utilisés ont présenté un phénotype génétiquement modifié dommageable, impactant directement leur santé et leur bien-être, une proportion en hausse par rapport à 2023 (9 %).

Une explosion des infractions constatées lors des inspections

Le volet inspection du rapport 2024 est particulièrement préoccupant.
Alors que 123 infractions avaient été relevées en 2023, 362 infractions ont été constatées en 2024, soit près de trois fois plus en un an.

Ces infractions concernent principalement :

  • le non-respect des règles d’hébergement et de soins (47 %),
  • l’origine et l’identification des animaux,
  • l’agrément et les pratiques des utilisateurs, éleveurs et fournisseurs.

Sur cette base, 12 lettres d’avertissement, 20 mises en demeure et un procès-verbal ont été émis en 2024, contre 14 avertissements et 9 mises en demeure en 2023.

Dérogations et exemptions toujours problématiques

En 2024, 63 exemptions ont été accordées par les commissions d’éthique et 4 dérogations supplémentaires par Bruxelles Environnement.
Ces dérogations concernent notamment l’hébergement individuel en cages métaboliques, la restriction de l’alimentation ou de l’eau et des adaptations d’hébergement ou d’environnement, des pratiques qui compromettent directement le bien-être animal.

GAIA appelle à un changement structurel

GAIA déplore qu’ aucune diminution structurelle de l’expérimentation animale ne soit observée -
L’augmentation massive du nombre d’animaux élevés puis tués sans être utilisés, la persistance de procédures sévères, ainsi que l’explosion des infractions et des dérogations accordées, démontrent qu’il est urgent d’agir ?...

Des méthodes non animales fiables et innovantes existent pourtant et permettent d’obtenir des résultats plus rapides et plus pertinents pour la santé humaine, sans infliger de souffrances inutiles aux animaux.


Lien rapport 2023