
À partir du 1er juillet 2025, une page se tourne dans les laboratoires européens : l’utilisation des lapins pour tester les effets pyrogènes de certaines substances est désormais interdite. Cette avancée majeure pour le bien-être animal fait suite à une décision votée en juin 2024 par la Commission européenne de Pharmacopée. Une décision attendue de longue date, qui marque la fin d’une méthode cruelle et obsolète.
Une pratique archaïque enfin bannie
Depuis les années 1980, les tests pyrogènes sur lapins faisaient partie des protocoles standard en pharmacopée européenne. Ils consistaient à injecter des substances dans les oreilles de lapins pour mesurer la fièvre induite, une procédure invasive, douloureuse et souvent létale. Le but ? Détecter la présence de pyrogènes — des contaminants pouvant provoquer de la fièvre — dans des produits injectables comme les vaccins, les antibiotiques ou les perfusions.
Chaque année, rien qu’en Europe, environ 30 000 lapins étaient ainsi utilisés. À l’échelle mondiale, le chiffre s’élève à 400 000. Et ce, malgré l’existence d’alternatives fiables et sans recours à l’expérimentation animale depuis plus de vingt ans.
L’ère des méthodes in vitro est lancée
Désormais, les laboratoires européens devront recourir à des méthodes in vitro pour détecter les pyrogènes. Parmi les approches validées, le Monocyte Activation Test (MAT), qui évalue la réaction de cellules humaines en culture. Cette méthode a été validée par l’Agence européenne du médicament dès 2010 et permet un contrôle de la pyrogénicité sans aucune souffrance animale.
La Commission européenne de Pharmacopée a officialisé cette transition lors de sa 179e session, en adoptant 57 textes révisés et un nouveau chapitre général intitulé « Pyrogénicité ». Le test sur lapin est désormais retiré de la Pharmacopée européenne — ce qui signifie son interdiction formelle dans tous les États membres de l’Union.
Une victoire pour les animaux… mais aussi pour la science
Cette interdiction est une illustration concrète du principe des 3R (Remplacement, Réduction, Raffinement) inscrit dans la Directive européenne 2010/63/UE et dans la Convention européenne STE n°123. Elle démontre que l’évolution vers des méthodes scientifiques modernes et éthiques est non seulement possible, mais nécessaire.
C’est aussi une reconnaissance du travail de longue haleine mené par de nombreuses associations qui dénoncent depuis des années l’inutilité et la cruauté de ces tests.
Des animaux très utilisés dans les expérimentations animales
En 2022, selon les chiffres européens, 372 239 lapins ont encore été utilisés à des fins expérimentales, toutes procédures confondues. En Belgique, ils représentaient cette année-là la deuxième espèce la plus utilisée dans les laboratoires.
Références :