23.03.26
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En Flandre, le gouvernement a inscrit dans son accord de coalition pour la législature 2024-2029 plusieurs objectifs visant à réduire l’utilisation d’animaux dans la recherche. Dans ce contexte, la Commission du Bien-être animal a récemment organisé une audition afin de faire le point sur les avancées scientifiques et les alternatives existantes à l’expérimentation animale. GAIA a participé à cette audition afin de présenter des recommandations concrètes pour accélérer la transition vers une science non-animale.

 

L’objectif de cette audition était clair: permettre aux membres de la Commission de mieux comprendre l’état actuel des connaissances et les opportunités offertes par les méthodes non-animales. Cette discussion pourrait, à terme, ouvrir la voie à de nouvelles initiatives législatives visant à accélérer le remplacement des animaux d’expérimentation.

 

Plusieurs intervenants issus de différents secteurs, industrie, monde académique et protection du bien-être animal, ont été invités à partager leur expertise. Les présentations ont ensuite été suivies d’une session de questions-réponses avec les membres de la Commission, permettant d’approfondir les enjeux scientifiques, éthiques et politiques liés à l’expérimentation animale.

 

Lors de cette audition, GAIA a présenté son rapport intitulé Transition vers la recherche non-animale: de l'ambition à la réalité en Flandre. Ce rapport analyse les obstacles qui freinent aujourd’hui la transition, met en lumière les opportunités existantes et propose des recommandations concrètes, illustrées par des exemples inspirants, pour accélérer la transition.
 

GAIA a notamment souligné que le plan d’action flamand visant à réduire le nombre d’expériences animales, combiné aux objectifs fixés dans l’accord de coalition, constitue une base pour faire progresser la transition. Mais ces mesures, à elles seules, ne sont pas suffisantes. L’utilisation de méthodes non-animales doit devenir une véritable priorité au sein de la recherche scientifique.

 

La transition vers une science sans animaux nécessite plus qu’une simple application des principes des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner). Elle exige une transformation systémique des pratiques scientifiques. Cela implique notamment:

  • un engagement clair du gouvernement affirmant que la transition vers une science non-animale constitue un objectif désiré et indispensable;
  • la mise en place d’une stratégie coordonnée, définissant des priorités, des responsabilités et des objectifs clairs, tels que l’arrêt des expériences provoquant des souffrances sévères et le remplacement immédiat des procédures pour lesquelles des méthodes non-animales existent déjà;
  • un financement à long terme couvrant l'ensemble des coûts liés à la transition;
  • une place beaucoup plus importante accordée aux méthodes non-animales dans l’enseignement et la formation scientifique;
  • un meilleur partage des connaissances et une plus vaste collaboration entre différents acteurs; et
  • le développement d’infrastructures dédiées spécifiquement aux méthodes non-animales.

 

L’un des points marquants de cette audition a été le consensus entre les intervenants. Qu’ils viennent du monde académique, de l’industrie ou de la protection animale, tous ont partagé l’ambition de remplacer l’utilisation des animaux dans la science. Cette ambition ne repose pas uniquement sur des considérations éthiques, mais aussi sur des arguments scientifiques.

 

En effet, la prise de conscience croissante des problèmes liés au bien-être des animaux de laboratoire et des limites de l'expérimentation animale se traduit par un soutien de plus en plus important en faveur de la transition vers une science non-animale. Les méthodes non-animales offrent des avantages significatifs pour les humains, les animaux et l'environnement. Elles peuvent améliorer notre compréhension des processus biologiques et des maladies humaines, accélérer la découverte et le développement de nouveaux médicaments et de nouvelles thérapies, et fournir de meilleures informations sur la sécurité des produits chimiques.

 

Les intervenants ont également insisté sur un point essentiel: la transition ne peut réussir que grâce à une collaboration étroite entre les différents acteurs. En favorisant le partage des connaissances, des données et des bonnes pratiques, ces collaborations peuvent contribuer à lever les obstacles scientifiques et réglementaires qui freinent encore l’utilisation à grande échelle des méthodes non-animales.

 

Les échanges lors de cette audition témoignent d’une réelle ouverture au sein de la Commission du Bien-être animal pour aller plus loin dans la réduction et le remplacement des animaux de laboratoire. La prochaine étape consistera à traduire cette volonté en mesures concrètes et en politiques ambitieuses.

 

Si les recommandations formulées par GAIA et par les autres intervenants sont prises en compte, la Flandre pourrait se positionner comme un leader européen en science non-animale, conciliant innovation scientifique, protection animale et progrès pour la santé humaine.