23.02.26
lapin

Les chiffres publiés par Dierenwelzijn Vlaanderen indiquent qu’en 2024, 211.386 animaux ont été utilisés en Flandre, soit une diminution de 12,2 % par rapport à 2023. Selon les chiffres officiels flamands, il s’agit du nombre le plus bas de tests sur animaux enregistré depuis au moins dix ans.

Néanmoins, cette baisse ne permet pas encore de conclure à une tendance structurelle claire.

Les chiffres montrent que la diminution observée reste fragile et largement dépendante de facteurs conjoncturels. Sans mesures structurelles fortes, le risque est réel de voir les chiffres repartir à la hausse dans les années à venir et à ne pas tendre vers une réduction permanente etc.

 

Vers une Flandre pionnière sans expérimentation animale ?

Le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N-VA), affirme vouloir faire de la Flandre un pionnier européen dans la transition vers une science sans expérimentation animale. Des investissements ponctuels dans des méthodes alternatives, telles que les organoïdes ou d’autres technologies non animales, vont dans la bonne direction.

« Lorsqu’il existe une alternative, nous devons l’utiliser. Lorsqu’il n’existe pas d’alternative, nous devons en trouver une. » - Ben Weyts, ministre (N-VA)

 

Chiens, chats et primates sont toujours concernés

En 2024, 523 chiens, 57 chats et 6 primates non humains ont encore été utilisés dans le cadre d’expérimentations animales en Flandre. Ces animaux sont capables de ressentir douleur, stress, peur et détresse, et tissent souvent des liens sociaux étroits avec leurs congénères et avec l’humain. Leur utilisation à des fins expérimentales soulève dès lors des questions éthiques particulièrement sensibles.

 

Tous les animaux comptent en tant qu’individus

En 2024, 190.696 animaux ont été utilisés à des fins de recherche, de tests réglementaires, d’enseignement et de formation. À cela s’ajoutent 20.690 animaux utilisés pour la création et le maintien de lignées génétiquement modifiées.

La souris reste de loin l’espèce la plus utilisée. Bien qu’elle soit souvent perçue comme un animal de laboratoire « standard », la souris est, elle aussi, un être sensible, capable de ressentir douleur, stress et détresse.

Si les statistiques officielles parlent souvent en termes de « procédures », il est essentiel de rappeler que ce sont des animaux individuels qui subissent ces interventions. Chaque expérience a un impact concret sur la vie d’un animal sensible.

Par ailleurs, près de 30 % des procédures concernent des animaux génétiquement modifiés, dont environ 9 % présentent un phénotype pathologique, ce qui signifie que ces animaux sont susceptibles de souffrir en raison même de la modification génétique.

 

Gravité des expériences : des milliers d’animaux lourdement affectés

En 2024, 14,7 % des procédures ont été classées comme de gravité sévère. Si cette proportion est en baisse par rapport à 2023, elle représente encore près de 28.000 expériences impliquant des douleurs, une détresse ou des atteintes durables au bien-être des animaux.

 

Une transition encore insuffisante

Le ministre flamand du Bien-être animal met en avant le durcissement de certaines règles et le développement de méthodes alternatives, notamment via la plateforme RE-Place. Ces initiatives vont dans la bonne direction, mais restent insuffisantes pour protéger réellement les animaux utilisés en laboratoire.

Derrière chaque chiffre se cache un individu, capable de ressentir douleur, peur et détresse. Pour les chiens, les chats et les primates, mais aussi pour les souris et les autres espèces, la question n’est pas seulement celle du nombre de procédures, mais celle du droit de ne pas être utilisés comme outils expérimentaux.

Réduire ne suffit pas : il est temps de remplacer !

 

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Lien vers le rapport 2023