
Bruxelles Environnement a publié les statistiques 2025 relatives à l’expérimentation animale en Région de Bruxelles-Capitale. les chiffres révèlent une réalité particulièrement préoccupante : plus de 110 000 animaux élevés pour la recherche scientifique ont été tués ou sont morts sans jamais avoir été utilisés dans desexpérimentations. Des milliers d’autres ont subi des expériences provoquant des souffrances sévères.
L’un des chiffres les plus préoccupants du rapport concerne le nombre d’animaux élevés pour l’expérimentation animale, mais tués ou morts sans jamais avoir été utilisés dans des procédures scientifiques.
En 2025, 110 235 animaux sont concernés, contre 116 978 en 2024. Malgré une diminution d’environ 5,8 %, ce chiffre reste considérable.
Ces animaux ont été élevés puis sont morts ou ont été tués pour des raisons liées aux pratiques des laboratoires : une gestion des reproductions conduisant à des effectifs jugés « excédentaires », des choix de sélection fondés sur le sexe ou les caractéristiques génétiques exigés par les protocoles, ou encore une mise à mort dans le seul but de prélever leurs organes et leurs tissus.
86,8 % de ces animaux avaient été élevés pour maintenir des lignées génétiquement modifiées. Par ailleurs, 10,6 % ont été tués uniquement pour fournir des organes ou des tissus.
Ces chiffres illustrent l'ampleur du gaspillage de vies animales inhérent au fonctionnement de l'expérimentation animale. Derrière les statistiques se trouvent des milliers d'êtres sensibles, élevés et sacrifiés sans même avoir été utilisés dans une expérience.
Près de 45 000 animaux utilisés dans les laboratoires
En 2025, 43 922 animaux ont été utilisés pour la première fois dans des procédures expérimentales en Région de Bruxelles-Capitale, contre 52 714 en 2024, soit une diminution de près de 17 %.
À ces chiffres s’ajoutent 1 399 animaux utilisés pour créer de nouvelles lignées génétiquement modifiées et 4 547 animaux utilisés pour maintenir des lignées existantes.
Si cette diminution constitue une évolution encourageante, elle ne doit pas masquer l’ampleur de l’expérimentation animale dans la capitale belge. Des dizaines de milliers d’animaux continuent d’être utilisés chaque année à des fins scientifiques, tandis qu’un nombre bien plus important encore est élevé puis tué sans avoir participé à la moindre procédure expérimentale.
Les souris restent les premières victimes
Comme les années précédentes, les souris demeurent de loin les animaux les plus exploités dans les laboratoires bruxellois. Elles représentent 92,6 % des animaux utilisés pour la première fois en 2025, contre un peu plus de 88 % en 2024.
Elles sont suivies par les poissons zèbres (3,6 %) et les rats (3 %). Des cobayes, des poules, des cochons, des moutons et d'autres oiseaux ont également été utilisés.
Aucun primate non humain, chien, chat, lapin, reptile, amphibien ou céphalopode n'a été utilisé en 2025.
La recherche fondamentale reste de loin le premier domaine d'utilisation des animaux, représentant 80 % des procédures, contre 76 % en 2024. Cette recherche vise principalement à acquérir des connaissances, sans nécessairement poursuivre une application médicale immédiate.
La recherche translationnelle et appliquée représente quant à elle 9,2 % des utilisations, tandis que les essais réglementaires et la production de routine en représentent 10,4 %.
Plus de 5 700 animaux soumis à des procédures sévères
En 2025, 5 735 utilisations d'animaux ont été classées dans la catégorie « sévère », soit 13,1 % des procédures expérimentales.
Cette catégorie comprend les expériences susceptibles de provoquer des douleurs, des souffrances ou des angoisses intenses, ainsi que des souffrances prolongées auxquelles les animaux peuvent difficilement échapper.
Si la proportion de procédures sévères diminue légèrement par rapport à 2024 (13,5 %), le nombre d'animaux concernés reste particulièrement élevé.
Certaines espèces sont particulièrement touchées. Près de 18 % des rats et plus de 43 % des poules ont subi des procédures classées comme sévères.
Par ailleurs, 35,2 % des procédures ont été classées comme modérées, 46,1 % comme légères et 5,6 % comme « sans réveil », c'est-à-dire réalisées sous anesthésie générale sans reprise de conscience de l'animal.
Des infractions toujours constatées lors des inspections
Le rapport 2025 révèle une diminution du nombre d'infractions constatées par Bruxelles Environnement.
Alors que 362 infractions avaient été relevées en 2024, 64 l'ont été en 2025, soit une baisse de plus de 82 %.
Ces infractions concernent principalement :
- le non-respect des règles relatives à l'hébergement et aux soins des animaux (37,5 %) ;
- les règles concernant l'origine et l'identification des animaux d'expérience (26,6 %) ;
- les obligations relatives à l'agrément des utilisateurs, des éleveurs et des fournisseurs.
Au total, 129 inspections ont été réalisées en 2025, dont seulement 23 de manière inopinée, soit 17,8 %.
À la suite des infractions constatées, 22 lettres d'avertissement et 2 mises en demeure ont été rédigées.
Pour GAIA, le respect des règles ne rend pas l’expérimentation animale acceptable. Les contrôles ne doivent pas servir de caution à un système qui autorise la souffrance et la mise à mort des animaux. La priorité doit être d’accélérer le remplacement de ces pratiques par des méthodes sans animaux, plutôt que de présenter leur encadrement comme une garantie de protection.
Des dérogations jusque dans les méthodes de mise à mort
En 2025, 63 exemptions ont été accordées par les commissions d’éthique, soit le même nombre qu’en 2024. Quatre dérogations supplémentaires ont également été accordées par Bruxelles Environnement. Alors que l’expérimentation animale permet déjà d’utiliser des animaux dans des procédures expérimentales et de les mettre à mort, des exceptions viennent encore assouplir les règles censées les protéger.
Les exemptions concernent notamment l’hébergement individuel des animaux, leur placement dans des cages métaboliques, des adaptations de leur alimentation ou encore des restrictions d’accès à la nourriture et à l’eau. Loin de simples formalités administratives, elles touchent directement aux conditions de vie des animaux et à leurs besoins fondamentaux.
Les quatre dérogations accordées par Bruxelles Environnement concernent, quant à elles, l’autorisation d’autres méthodes de mise à mort, considérées, selon le rapport, comme « au moins aussi douces ». Cette qualification ne doit pas occulter la portée de ces décisions : les exceptions accordées concernent jusqu’à la manière dont les animaux peuvent être tués.
GAIA dénonce cette logique d’assouplissement des protections dans un système qui laisse déjà une place considérable à l’exploitation des animaux. Lorsque leur utilisation et leur mise à mort sont autorisées, les garanties encadrant leur traitement devraient constituer un minimum à préserver, et non des contraintes auxquelles il est encore possible de déroger. La protection des animaux ne doit pas devenir une variable d’ajustement des protocoles expérimentaux. L’ambition doit être de sortir de cette logique en accélérant le remplacement des expériences sur les animaux par des méthodes sans animaux.
GAIA déplore que, rien que pour Bruxelles, plus de 110 000 animaux aient été tués dans le cadre de l’expérimentation animale.
Le maintien de milliers de procédures sévères, la persistance d'infractions dans les laboratoires et le nombre important d'exemptions accordées montrent que des progrès majeurs restent nécessaires.
La réduction du nombre d'animaux utilisés ne peut constituer une fin en soi. L'objectif doit être de remplacer l'expérimentation animale par des méthodes scientifiques sans animaux.
Des approches innovantes, notamment les modèles cellulaires humains, les organoïdes, les organes sur puce et les technologies de modélisation informatique, offrent des perspectives prometteuses pour une recherche plus pertinente pour l'être humain et respectueuse des animaux.
GAIA appelle les autorités bruxelloises à intensifier les investissements dans ces méthodes, à soutenir leur développement et leur adoption par les établissements de recherche et à mettre en place une véritable stratégie de transition vers une science sans expérimentation animale.
Car derrière chaque chiffre se trouve une vie animale. Et chaque animal épargné compte.