10.08.26
zwangerschapstest

Une entreprise allemande a mis au point un test de grossesse dont les anticorps sont produits par des microalgues plutôt qu’à l’aide d’animaux. Cette innovation montre qu’une technologie plus respectueuse des animaux peut quitter le laboratoire, obtenir une certification et devenir un produit accessible au public.

Le test, commercialisé sous le nom hey mela, a été développé par la start-up de biotechnologie Phaeosynt, basée à Hanovre. Il utilise des anticorps issus de diatomées, des organismes microscopiques présents notamment dans les milieux aquatiques. Selon Deutsche Welle, il s’agit du premier test de grossesse sans expérimentation animale de ce type. Certifié pour le marché européen, il est commercialisé en Allemagne depuis 2025.

Pourquoi les tests de grossesse utilisent-ils des anticorps ?

Les tests de grossesse détectent dans l’urine une hormone appelée hCG, ou gonadotrophine chorionique humaine. Cette hormone commence à être produite après l’implantation de l’embryon.

Pour reconnaître l’hCG, les tests utilisent des anticorps spécialement conçus pour se fixer sur cette hormone. Lorsque l’hCG est présente, une réaction apparaît sur la bandelette et indique un résultat positif.

Dans de nombreux tests conventionnels, les anticorps sont obtenus au moyen d’animaux ou de procédés utilisant des substances d’origine animale. Des animaux, notamment des souris ou des lapins, peuvent être immunisés afin que leur organisme produise les anticorps recherchés. Leur sang est ensuite prélevé et traité pour isoler ces protéines.

Cette origine animale reste largement méconnue du public. Un produit qui paraît simple et anodin peut donc être lié à l’utilisation et à la souffrance d’animaux de laboratoire.

Des diatomées transformées en petites usines biologiques

Phaeosynt remplace cette méthode par une technologie fondée sur les diatomées. Ces microalgues peuvent être modifiées afin de produire les anticorps nécessaires à la détection de l’hormone hCG.

Elles jouent alors le rôle de petites usines biologiques. Les anticorps sont produits dans des cultures contrôlées, puis extraits et intégrés au test de grossesse.

D’après l’entreprise, le processus de production ne nécessite ni sérum animal ni autre additif d’origine animale. La technologie repose sur l’espèce de diatomée Phaeodactylum tricornutum.

Les autres protéines animales habituellement présentes dans ce type de produit sont également remplacées par des composants d’origine végétale. Le résultat est présenté comme un test entièrement végane et sans souffrance animale.

Une fiabilité comparable aux tests conventionnels

Selon les données communiquées dans le cadre de la mise sur le marché, le test est fiable à plus de 99 % à partir de la date présumée des règles. Il peut également être utilisé comme test précoce quelques jours avant cette date.

La commercialisation du produit montre surtout que les anticorps produits par des algues ne sont plus uniquement une idée expérimentale. Ils ont pu être intégrés à un dispositif concret répondant aux exigences réglementaires européennes applicables aux tests de diagnostic. Une source consacrée au financement de Phaeosynt indique que le produit dispose d’une certification conforme au règlement européen sur les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro.

Une technologie qui peut dépasser le test de grossesse

Le test de grossesse constitue la première application commerciale de cette technologie, mais ses possibilités sont beaucoup plus larges.

Les anticorps sont utilisés dans de nombreux produits et domaines scientifiques : tests diagnostiques, analyses médicales, recherche biomédicale, détection de maladies et fabrication de certains traitements. Leur production sans animaux pourrait donc éviter l’utilisation d’un grand nombre de souris, de lapins et d’autres animaux.

Phaeosynt propose déjà sa technologie à d’autres marques et entreprises souhaitant développer des tests reposant sur des anticorps sans origine animale.

Le test de grossesse sert ainsi de preuve de faisabilité. Il démontre qu’un anticorps produit par une microalgue peut sortir d’un laboratoire de recherche, être fabriqué à une échelle commerciale et être utilisé dans un produit destiné au grand public.

Une innovation également plus durable

La production d’anticorps à partir de diatomées présente aussi des avantages environnementaux.

Les microalgues peuvent être cultivées dans des installations contrôlées et se multiplient rapidement. Leur production nécessite moins d’espace et peut être plus facilement standardisée que l’élevage et l’utilisation d’animaux.

La Fondation fédérale allemande pour l’environnement a soutenu le développement de cette technologie, qu’elle présente comme une méthode susceptible d’éviter des expériences sur les animaux tout en réduisant l’impact environnemental de la production d’anticorps.

L’utilisation de cultures d’algues peut également faciliter la reproduction du processus. Les conditions de production sont contrôlables et les variations biologiques associées aux animaux peuvent être limitées.

Un progrès concret contre l’expérimentation animale

GAIA salue le développement et la commercialisation de ce premier test de grossesse fondé sur des anticorps produits sans animaux.

Cette innovation est particulièrement encourageante parce qu’elle apporte une solution concrète à une utilisation des animaux dont la majorité des consommateurs ignorent l’existence. Elle prouve également que l’expérimentation animale et les ingrédients d’origine animale ne sont pas indispensables à la fabrication de tests médicaux fiables.

 

Source

Schantz, K. (2026, 6 juillet). Kann eine Alge Tierversuche ersetzen? [Vidéo]. Deutsche Welle.